Hermann

  • La responsabilité de protéger les personnes âgées atteintes de démence ; manifeste Nouv.

    Un soin inédit fait nouvellement partie de l'arsenal thérapeutique de la médecine occidentale. Presque un oxymore, l'aide médicale à mourir ne fait pas l'unanimité. Or, une nouvelle frontière est sur le point d'être transgressée. Parce que certains font l'erreur de considérer la perte de dignité comme possible, ils mettent de l'avant la mort comme le remède ultime aux souffrances des gens atteints de démence. On oublie alors que cette sensation de déchéance peut être soignée autrement. De plus, nous démontrons que la défense de l'autonomie ne saurait justifier l'euthanasie en démence. Notre manifeste confirme également l'importance d'en finir avec la peur du centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Ainsi, la fragilité de l'aîné souffrant de démence doit être célébrée en tant que richesse oubliée pour promouvoir une telle modification des moeurs au sein des établissements en cause. Notre réflexion contre l'euthanasie en démence, appuyée par de nombreux cliniciens, contribue à la protection des aînés vulnérables.

  • La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression,  qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.

  • Cet ouvrage propose une nouvelle approche pour soigner les malades, non simplement leurs maladies. Au travers des récits de quinze patients, Jean Benjamin Stora expose le déroulement de leurs thérapies dans les dimensions psychanalytiques, médicales et neuroscientifiques. Soigner le corps et l'esprit est le but poursuivi. Grâce à Georges qui souffre de troubles lipidiques et d'un infarctus du myocarde, à Gilles diabétique à qui se pose le problème angoissant pour lui et les médecins d'une amputation, à Dorothée qui se plaint que son docteur ne s'occupe que de son corps malade et pas d'elle, à Ariane dont le trouble somatique représente un mystère auquel l'auteur tente de répondre avec sa nouvelle approche, apparaît progressivement la thérapie psychosomatique qui, combinée avec l'approche médicale, permet de soigner différemment en rétablissant «  l'unité psychosomatique  », nouveau paradigme du XXIe  siècle en lieu et place d'un corps-machine.

  • Un chemin considérable a été parcouru depuis que Freud a mis au jour un nouveau savoir sur le sexe. Tout au long du XXe siècle, un immense champ de constructions symboliques du sexuel a été patiemment inventorié, à la fois dans l'histoire des civilisations que dans la subjectivité. La causalité psychique a notamment été explorée. Cependant, jusqu'à récemment, la psychanalyse avait relativement négligé l'importance des facteurs biologiques dans la sexualité, dont ils ne constituaient qu'un domaine étranger sans rapport avec son objet. Avec Lacan, la psychanalyse a commencé à combler cette lacune et à interroger la sexuation et la loi sexuelle à partir aussi du "rocbiologique". Il est temps, aujourd'hui, de synthétiser les savoirs sur le sexe en tenant compte de tous les facteurs concernés, afin notamment d'aborder, à l'aune du XXIe siècle, les nouvelles problématiques sexuelles. Ces savoirs permettront ainsi de mieux appréhender des questions sociales, politiques ou sociétales, comme celles liées à la procréation médicalement assistée ou à l'homoparentalité.

  • De nombreux bouleversements climatiques affectent maintenant toutes les régions du monde. Le bien-être des populations est ainsi mis en péril, car ces changements s'attaquent aux fondements de la santé publique par leurs répercussions sur l'air, l'eau, les denrées alimentaires et le logement, tout en augmentant les risques de maladie. Peu d'importance a été accordée jusqu'ici à l'échelle internationale aux impacts sur la santé, les services de santé ou les services sociaux, non plus que sur les coûts engendrés pour la société.
    Pourtant, l'Organisation mondiale de la santé promeut depuis plusieurs années une participation plus active du monde de la santé en changements climatiques, vu la grande menace qu'ils posent à la santé publique. Ce livre met en lumière Les nombreux impacts des changements climatiques sur la santé. En parallèle, il propose des mesures d'adaptation et de soins pour atténuer et prévenir les incidences dans le domaine de la santé, ainsi que dans d'autres domaines connexes.
    Les professionnels de la santé et des services sociaux pourront approfondir le rôle étiologique du climat en matière de santé. De même, des professionnels d'autres secteurs, tout comme le grand public averti, pourront se familiariser avec ces sujets pour lesquels leurs interventions s'avèrent souvent cruciales.

  • L'aliénation

    Elie Pouillaude

    • Hermann
    • 14 Mai 2014

    La clinique de la psychothérapie institutionnelle est l'histoire d'une pratique construite autour du traitement des psychoses. Fidèle au voeu de Freud, cette clinique permet de traiter, en institution, des patients difficilement accessibles à la cure-type. Cependant on ne peut guère concevoir l'histoire de la psychothérapie institutionnelle, ni son développement théorico-clinique, sans analyser le concept de double aliénation qui pense l'articulation des processus de l'aliénation psychopathologique avec ceux de l'aliénation sociale. On doit à Jean Oury d'avoir soulevé cette double aliénation que nous repérons comme le concept crucial du traitement psychanalytique de la schizophrénie dans une clinique du transfert dissocié propre aux psychoses. Au travers de l'histoire de la psychothérapie institutionnelle et du repérage de ses outils conceptuels, cet ouvrage a pour objectif de restaurer cet ancien concept d'aliénation, particulièrement oublié dans le champ psychiatrique dont il a pourtant permis la création. Cette perspective permet ici une approche épistémologique de l'aliénation qui révèle son basculement du champ philosophique à celui de la psychanalyse.

  • Mobiles, interactifs, capables de communiquer, les robots peuvent-ils pour autant « penser » ou prendre des décisions à la place des humains ? Faut-il les considérer comme des agents moraux ayant une « autonomie » ou leur donner un statut juridique particulier ? Qui est alors responsable de leurs actions le concepteur informaticien, le fabricant industriel, l'usager consommateur ? Pour quelles finalités tous ces robots sont-ils conçus ?
    Depuis peu, le public a découvert comment des robots pouvaient remplacer l'être humain dans un nombre croissant d'activités économiques, sociales et politiques. Les robots-drones sont utilisés dans les conflits armés ou encore dans des contextes non armés pour la surveillance ou l'assassinat ciblé. Des robots aux formes androïdes ont fait leur apparition dans le domaine de la santé et du bien-être. Dans les hôpitaux, des robots opèrent sous la direction du chirurgien, d'autres robots aux formes animales deviennent des « compagnons » pour les personnes âgées. Dans des écoles, des robots sont utilisés par des enseignants pour l'apprentissage des langues ou des matières scientifiques. Dans des maisons, des robots de service aspirent la poussière des tapis tandis que des jouets-robots s'occupent des enfants. Dans le domaine de l'agriculture, des robots traient les vaches et nettoient l'étable. Dans les usines, les robots accélèrent la productivité et l'efficacité de la production industrielle.

    Tous ces robots qui remplacent les êtres humains dans des tâches devenues « robotisables » font-ils de notre société « une société robotisée » ? Tant par la réflexion théorique qu'à l'aide d'exemples précis, cet ouvrage multidisciplinaire examine comment les robots modifient la qualité de nos relations humaines, en quoi ils transforment certaines valeurs fondamentales comme la liberté et l'égalité, ou encore de quelle façon ils entraînent des changements sociaux et culturels, par exemple dans nos relations aux animaux ou à l'environnement.

  • Peut-on marcher pieds nus sur le carrelage sans attraper froid, ou sortir sans écharpe et bonnet sans risquer d'attraper un rhume? Qu'en disent le savoir médical et les médecins, et qu'est-ce que ceux-ci pensent des remèdes de grand-mères contre le rhume? En matière de santé, les Français ne font pas aveuglément confiance aux experts, qui les incitent tantôt à ne plus boire de café, tantôt à en prendre trois tasses par jour. En effet, on observe les experts se trompent régulièrement et on peut légitimement douter de leur désintéressement; mais ils font aussi appel aux autorités en la matière et s'appuient sur leurs observations personnelles.
    Maël Lemoine interroge ici avec humour et impartialité l'attitude et les croyances des Français, fussent-ils médecins eux-mêmes, face aux préjugés médicaux. A partir d'une étude de cas concret, celle de la croyance que le froid peut causer le rhume, il questionne notre rapport aux sciences médicales. Les scientifiques ont-ils vraiment prouvé qu'on ne peut pas attraper un rhume par le froid ? Est-il stupide de croire que le rhume est dû à un virus et qu'on peut attraper froid ? Ce livre bref au ton léger donne les clés pour comprendre ce que peuvent et ne peuvent pas les sciences médicales.

  • L'influence de certaines conduites individuelles, dites "à risque", sur la santé n'est plus à démontrer. Certaines accroissent le risque de contracter des maladies ou de subir un accident. Pour appréhender ce risque, on prohibait autrefois les comportements qui étaient censés les causer. Depuis une trentaine d'années, s'est développé une nouvelle approche qui consiste non plus à éradiquer les pratiques à risques, mais à les accompagner médicalement pour en limiter les effets néfastes. Cette approche, qu'on oppose à une attitude morale mais inefficiente, est souvent présentée comme pragmatique et amorale. Autrement dit, le débat autour de la réduction des risques est d'abord idéologique et oppose les partisans d'une certaine intransigeance morale à ceux, plus pragmatiques, qui privilégient une approche respectueuse du droit à la santé.
    Le présent livre a pour objectif de dresser un état des lieux des pratiques médicales en réduction des risques, d'évaluer leurs bénéfices (médicaux bien sûr, mais également des points de vue de la philosophie morale, de la philosophie des sciences et des métiers de l'assurance à la personne). À travers ces interrogations, c'est le rôle même de nos systèmes de santé publique dans nos démocraties contemporaines qui est interrogé.
    En partenariat avec Sidaction, Médecins du Monde, l'Institut des Transitions, le Printemps de la prévention.

  • Tout détenu appréhende l'espace, le temps et son propre corps de façon biaisée. Cette situation affecte son imaginaire, son psychisme et son identité. Cet ouvrage aborde la question de la subjectivité et de la sensation de l'individu placé dans une situation de privation de liberté et propose l'élaboration clinique d'un concept contradictoire, celui de la liberté carcérale.

  • Ce livre est destiné principalement aux étudiants du premier cycle universitaire inscrits dans un programme en psychologie. Il permet à l'étudiant de se familiariser avec la terminologie du domaine de la sensation et de la perception et de se sensibiliser au caractère relatif de la perception. L'ouvrage fournit également à l'étudiant l'occasion de comprendre de nombreux concepts et mécanismes fondamentaux susceptibles de le rendre apte à interpréter différents phénomènes perceptifs. En plus de l'ajout d'un résumé, de mots clés et de questions de révision à la fin de chaque chapitre, cette deuxième édition contient un chapitre sur la sensibilité somatosensorielle.

  • Qu'est-ce que la personnalité ? À partir de l'exploration de ses constituants, de ses forces et contre-forces, de sa dimension consciente et inconsciente, l'auteur nous fait comprendre ce qu'est fondamentalement la personne humaine. Partant de l'histoire naturelle et anthropologique de l'hominidae, il nous montre comment l'humain à naître porte les vestiges de ses ancêtres. Il nous conduit ensuite dans le revécu de cet héritage, à travers les étapes de maturation et les enjeux développementaux de l'enfance, de l'adolescence et de la vie adulte. En se fondant principalement sur deux grands paradigmes en sciences humaines, la psychanalyse freudienne et l'humanisme-existentialisme, l'auteur attire notre regard sur ce qui éclaire le mieux chaque élément du développement et de la constitution de la personnalité humaine.

  • Au Canada, la majorité (76 %) de la population vivra un événement traumatique au cours de sa vie. Même si la plupart des personnes arrivent à s'adapter à un tel événement, près de 10 % développeront un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Ce nombre peut tripler, voire quadrupler dans les populations plus à risque, comme les militaires, les victimes d'agressions sexuelles et les individus gravement blessés. Outre le TSPT, plusieurs troubles peuvent apparaître à la suite d'un trauma, soit une humeur dépressive, de l'insomnie et des cauchemars, une consommation inappropriée d'alcool ou de drogue, pour ne nommer que ceux-ci. En somme, les cliniciens sont souvent démunis face à cette clientèle des plus complexes.
    Cet ouvrage est le premier en français à présenter les meilleures pratiques dans l'évaluation et le traitement du TSPT et des troubles connexes, dans un langage accessible aux cliniciens. Ancré rigoureusement à la fois dans la recherche scientifique et dans la pratique clinique, il se veut un exercice de transfert de connaissances de la recherche vers la clinique. Ainsi, il aidera les cliniciens à choisir le traitement le plus approprié pour leur patient et leur apportera les outils et les ressources nécessaires pour mettre les recommandations en pratique. Il pourra aussi être utilisé auprès des futurs intervenants afin de parfaire leur formation.

  • La parole intérieure est l'un des phénomènes les plus courants de notre vie quotidienne - cette parole que nous nous adressons à nous-mêmes et qui fait de nous des êtres humains dotés de pensées, d'émotions et de sensations. Pour certains, elle occupe moins de 10?% de la vie intérieure, pour d'autres plus de 90?% : à chaque être humain sa parole intérieure, qui le relie aux autres et lui est pourtant éminemment spécifique. Explorer la vie intérieure d'un sujet revient à déployer la façon dont il se définit lui-même, mais aussi dont il définit ou ressent son rapport aux autres et au monde.
    Dans le cadre d'une vaste étude de terrain sur le langage intérieur, menée sur plusieurs années, le présent essai s'attache ici à la parole intérieure de personnes incarcérées : celle-ci correspond-elle à un enfermement redoublé, c'est-à-dire intériorisé, ou au contraire à une ouverture potentielle?? Cet examen permet de renouveler notre compréhension du vivre-en-prison, et soulève des questions à la fois psychologiques, sociales, politiques, judiciaires et sociétales.

  • Le présent ouvrage présente des recommandations pratiques en matière de conception de formation continue en ligne. Il s'appuie sur une revue de la littérature issue de diverses disciplines, comme la psychologie, l'éducation ou la communication, et en fait une synthèse structurée selon un cadre conceptuel intégrateur inspiré de deux modèles d'évaluation de formation (Kirkpatrick, 1994 et Moore, 2003).
    Après une présentation générale de la démarche d'élaboration d'une formation continue en ligne, les chapitres suivants abordent à tour de rôle les critères retenus pour évaluer une formation :
    - La satisfaction de l'apprenant : l'apprenant est-il intéressé par les sujets proposés et satisfait de la formation reçue ?
    - L'apprentissage : l'apprenant a-t-il acquis de nouvelles connaissances ?
    - Le changement d'attitude : l'attitude de l'apprenant a-t-elle été modifiée positivement, le cas échéant ?
    - Le changement de comportement : le contenu de la formation est-il transféré concrètement dans la pratique professionnelle ?
    Des exemples sont également présentés pour illustrer de quelle façon les notions abordées peuvent être utilisées en pratique. Enfin, au terme de chacun des chapitres, des éléments-clés à retenir permettent de résumer les contenus principaux. S'adressant aux chercheurs, aux pédagogues et aux étudiants, cette contribution vise à soutenir ceux qui désirent se familiariser davantage avec la conception de formation continue en ligne ou qui sont engagés dans une telle démarche.

  • Avec plus de quarante-cinq ans de présence auprès des schizophrènes, Danielle Roulot nous ouvre une approche clinique où se rencontrent différentes dimensions de l'avec schizophrénique. Il s'agit de ce que présente le patient au thérapeute, à l'équipe soignante et aux autres patients. La façon de recevoir d'un schizophrène quand on l'accueille s'articule avec le transfert, et c'est ce dont il est question avec les nombreux personnages de patients qui parsèment cet ouvrage.

  • Dès sa naissance, l'homo sapiens est doté d'une faculté imaginaire que ses expériences successives déploieront en une certaine configuration. Ainsi, chaque personne devient « quelqu'un », parlant telle langue au sein de tel environnement et telle culture.
    Dans ce rétrécissement du potentiel d'origine, la tâche permanente qui échoit à chacun, à quelque âge que ce soit, consiste à ne pas échapper aux pans essentiels du soi dont il est dépositaire.
    Utilisant la théorie des structures anthropologiques de l'imaginaire, selon Gilbert Durand, puis le test AT.9 d'Yves Durand, Raymond Laprée démontre comment à 9, 10, 11 ou 12 ans, un jeune vit de son imaginaire, et il promeut conséquemment une façon d'accompagner adéquatement le « cheminement vers soi » de chacun. Trente cas réels sont étudiés, classés selon leurs forces structurantes et déployés en un mode d'accompagnement qualifié de psychagogique, visant à préparer en chaque personne un terreau propice à son épanouissement optimal comme être humain.
    Cette intention peut être reprise par toute personne soucieuse du bien-être d'un jeune, que ce soit en famille, à l'école ou en société, mais aussi être utile pour accompagner une personne de tout âge, l'imaginaire étant constitutif de notre nature humaine.

  • Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'exploration des fonctions cérébrales est prônée à la fois dans le cadre de la philosophie empiriste, plus spécialement lockéenne, et dans celui du programme cartésien. C'est ainsi que le cerveau acquiert son statut d'objet légitime pour une science nouvelle, qui serait une physique de l'esprit.

    Alors que la mise en oeuvre effective de cette exploration était redoutable, les questions touchant la matière cérébrale étaient déjà débattues : la matérialité et la localisation des facultés, le rôle de l'âme, l'identité humaine, le parallélisme, la perception, la mémoire, la plasticité et la pathologie mentale. Le cerveau occupait désormais une place centrale dans la connaissance de l'homme et contribuait à la construction d'une anthropologie philosophique.

    Cet ouvrage donne un aperçu de la fécondité et de l'actualité de ces réflexions issues de grands médecins et philosophes de cette époque, tels Hooke, Locke, Diderot, Willis, Reid, Bonnet, Malacarne, Kant, E. Darwin, Cabanis et Gall.

  • Le traitement de ce que le XVIIIe siècle comprenait sous le terme de cancer a mobilisé des catégories très diverses d'acteurs de la santé. On considère les relations qu'entretiennent avec le monde de la médecine «  académique  » ou «  professionnelle  » des promoteurs de remèdes suspects de «  charlatanisme  ». L'étude des concurrences opposant différentes catégories de soignants médecins, chirurgiens, empiriques, auteurs de «  remèdes à secret  », guérisseurs donne lieu à un essai de classification des organes affectés de «  tumeurs  »  : sein, utérus, sexe masculin, foie, etc. Une galerie des thérapeutes les plus répandus ou les plus contestés fait apparaître la mécanique d'un marché où entrent en jeu stratégies de crédibilité, organisation de réseaux, «  batailles des gazettes  », exploitation des tendances culturelles du moment (retour à la nature, mesmérisme), etc. L'écart entre l'arsenal médical des empiriques et de nouveaux traitements de la maladie se creuse à l'approche de la Révolution à travers une mutation empruntant ses découvertes à la chimie, à l'électricité, à l'expérimentation animale ou collective, à l'anatomo-pathologie ou aux plantes du Nouveau Monde.

  • Cet ouvrage pluridisciplinaire propose le premier état des lieux en langue française des enjeux récents des neurosciences cliniques, étudiés à partir d'une technologie donnée : la stimulation cérébrale profonde. Soin innovant et outil de recherche expérimentale, geste chirurgical et implant cérébral, thérapie neurologique et psychiatrique, soin au long cours pour maladie chronique... la stimulation cérébrale profonde est tout cela. Sa complexité ne se résume ni à l'objet implanté dans le corps humain, ni aux gestes thérapeutiques permettant de le faire fonctionner : elle résulte de la combinaison de ces facettes, des relations nouées entre les différents acteurs de son développement chercheurs, soignants, industriels, patients, familles, associations et de l'intrication de différents types de normes éthiques, juridiques et techniques. Réunissant les analyses d'historiens, juristes, philosophes, sociologues et anthropologues, ce collectif soulève une série de questions contemporaines majeures concernant les dynamiques d'innovation thérapeutique en neurosciences et leur régulation, les conceptions du soin et de la maladie, les transformations des relations entre recherche fondamentale, recherche clinique et soin, et le vécu des patients et de leur entourage.

  • Ce livre explore un thème fondamental en intervention psychosociale : la cocréation du changement par le pouvoir de la relation. Il s'intéresse à la complicité entre l'aidant et l'aidé : son émergence, son maintien et son déploiement. Il démontre les effets destructeurs de la rupture du flot relationnel qui submerge les participants de sentiments d'impuissance et rend impossible tout changement. En réponse à cela, le livre propose un processus révolutionnaire, l'autosupervision dialogique. Basé sur des années de recherche appliquée, cet ouvrage se veut un guide méthodique pour retrouver la liberté intérieure et la créativité nécessaires à la résolution de ces crises réputées être impossibles à résoudre par soi-même. Bien qu'un millier d'intervenants en aient fait l'expérience de manière systématique, il peut être utilisé simplement (comme source d'inspiration) pour vivre les grandes étapes du prendre soin : soin de l'aidant, de l'aidé, de la relation, des idées et des actions nouvelles, le tout dans un état de pleine complicité relationnelle.
     

  • Trois jeunes partagent leurs expériences difficiles de passage à la vie adulte. Ils s'ouvrent sur leurs problèmes de santé mentale, de maltraitance parentale et de consommation. Ils se racontent rétrospectivement dans le premier chapitre de cet ouvrage en soulignant leurs besoins de soutien et l'importance de se raccrocher à l'espoir d'un avenir meilleur pour réussir à se mobiliser positivement. Ces jeunes sont ou ont été membres d'un réseau d'entraide de type « par et pour », dont les auteurs font mention à plusieurs reprises dans ces actes de l'événement franco-québécois  Paradoxes Colloque sur la transition à la vie adulte.
    La première partie de ce livre est consacrée au regard que portent des jeunes en difficulté sur leur transition. Dans la seconde partie, des chercheurs et des professionnels rapportent le point de vue de praticiens sur les améliorations qu'il serait bon d'apporter à l'offre de service pour mieux les aider. Des scientifiques expliquent ensuite, dans la troisième partie de ces actes, les résultats de leurs études. À travers ces perspectives croisées, les auteurs révèlent à quel point les jeunes vulnérables et en difficulté ont besoin de relations d'attachement saines et sécurisantes pour bien se développer. C'est dire toute l'importance que peuvent avoir leurs proches et les professionnels dans leur vie.

  • Cet ouvrage a pour objet d'analyser les conditions de production des données d'enquête en sciences sociales à partir de la question centrale de la relation d'enquête comme relation sociale. Quel statut ont les données d'enquête ? Comment sont-elles empiriquement produites ? Le premier chapitre est une mise en perspective historique de l'émergence de la question afin de comprendre comment se sont imposés le modèle positiviste d'un « observateur témoin invisible » et les stratégies de neutralisation des situations d'enquête qui en découlent. Le deuxième montre que cette dénégation de la relation d'enquête comme relation sociale constitue encore un idéal persistant de pratiques de recherche contemporaines. Le troisième établit un programme de rupture avec cet idéal positiviste en faisant de l'analyse réflexive de la relation d'enquête comme relation sociale une condition d'intelligibilité des données produites. Le quatrième présente enfin différentes manières de procéder à l'analyse des relations sociales d'enquête comme levier de compréhension de l'objet.

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