La Decouverte

  • Lucile Lapierre, jeune interne en médecine en proie à un sentiment maladif d'illégitimité, est affectée un peu par hasard à une unité pour malades difficiles d'un hôpital psychiatrique. Dans ce récit initiatique inspiré de son expérience personnelle, Claire Le Men dresse un portrait juste et drôle de l'institution psychiatrique et des personnages qui la peuplent. Ce faisant, elle fait voler en éclat nos présupposés sur la folie.

  • Plus on s'éloigne de sa mort, survenue le 6 décembre 1961, plus Frantz Fanon semble d'actualité. C'est ce que montre David Macey dans cet ouvrage qui s'est imposé comme la biographie de référence sur le penseur de l'émancipation, aux vies enchevêtrées : depuis la Martinique, d'où il s'engagea, jeune homme, dans les forces de la France libre pour libérer la métropole du joug nazi, jusqu'à son inhumation en Algérie, ... son pays d'adoption, quelques mois seulement avant l'indépendance de ce pays.

  • L'art de la these ne

    Michel Beaud

    mémoires de master et thèses de doctorat résultent d'un travail qui implique une méthode, mais aussi un savoir-faire.
    quel sujet et quel directeur choisir ? une thèse - ou une cotutelle - en europe ? pourquoi faut-il penser très tôt aux multiples fonctions de l'ordinateur ? quelle démarche de recherche adopter ? quel calendrier ? quelle problématique ? comment construire sa documentation ? comment se servir au mieux d'internet ? comment passer du plan de travail au plan de rédaction ? comment entendre les conseils de son directeur de thèse ? comment rédiger ? comment réaliser la bibliographie, la table des matières, les index ? comment présenter la thèse ? comment se préparer à la soutenance ? des conseils qui ont fait leurs preuves depuis plus de vingt ans.
    et de nouveaux conseils pour faire le meilleur usage possible de son pc, de son mac et d'internet.

  • Suicides en série sur le lieu de travail, « épidémie » de troubles musculo-squelettiques, explosion des pathologies professionnelles... Une réalité trop longtemps occultée occupe désormais la scène publique française. Devant l'ampleur des « maladies du travail », tout est secoué : entreprises, État, institutions, chercheurs et experts. Et, face aux dégâts engendrés, se multiplient dans l'urgence les fausses solutions qui risquent de virer au « despotisme compassionnel » sans rien résoudre sur le fond.
    C'est à ce paradoxe intenable qu'a voulu réagir le psychologue du travail Yves Clot dans cet essai aussi vif qu'informé, nourri de longues années d'expérience sur le terrain des rapports entre santé et travail. Il instruit le dossier en rassemblant les différentes pièces du puzzle social : discours officiels, analyses de situations concrètes, controverses scientifiques, commentaires et récits. Il montre comment la négation des conflits autour de la qualité du travail au sein de l'entreprise menace le collectif et empoisonne la vie des organisations. Pour Yves Clot, le plaisir du « travail bien fait » est la meilleure prévention contre le « stress » : il n'y a pas de « bien-être » sans « bien faire ».
    En se mobilisant autour d'une idée neuve du métier, avec tous les autres acteurs concernés - dirigeants d'entreprises, syndicalistes et spécialistes -, ceux qui, au travail, sont en première ligne peuvent eux-mêmes « retourner » la situation. Pour en finir, enfin, avec les « risques psychosociaux ».

  • Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des États. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les « psys » dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux...
    Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'« estime de soi » - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique.
    Émaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, « scotchés » à leurs écrans, « accros » aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.

  • depuis plusieurs années, les services de psychiatrie et les psychanalystes sont confrontés à un afflux croissant de jeunes en souffrance psychique.
    c'est ce constat alarmant, pourtant largement ignoré des
    médias, qui a conduit miguel benasayag et gérard schmit, en s'appuyant sur une longue expérience clinique en pédopsychiatrie, à écrire ce livre. un
    constat qui est aussi un cri d'alarme : le dispositif de soins destiné à répondre à cette souffrance n'est plus adapté. par manque d'effectifs, bien sûr, mais surtout parce que les techniques classiques de prise en charge
    psychothérapeutique sont de moins en moins à même de répondre à ces nouvelles pathologies.
    pour les auteurs, l'explosion de la demande de soins est en fait le symptôme d'un profond malaise culturel, d'une
    époque submergée par la tristesse, dans toutes les couches sociales. en expliquant les racines profondes de ce malaise et ses effets sur les individus, les auteurs proposent des pistes nouvelles pour penser de nouvelles pratiques cliniques. et pour aider ces milliers de familles et de jeunes, qui vivent souvent leurs difficultés de manière dramatique, car ils restent isolés.

  • Célèbre pour avoir ouvert la voie à la sociologie des émotions, Arlie R. Hochschild développe dans ce livre la notion de « travail émotionnel ». Selon l'auteure, en effet, les émotions ne surgissent pas en nous en s'emparant de notre « moi », mais sont le fruit d'un travail que nous effectuons, la plupart du temps sans en avoir conscience, dans le but d'accorder ce que nous ressentons avec les « règles de sentiments » en vigueur dans notre environnement social.
    Ce que montre par ailleurs l'auteure, c'est comment, au cours des dernières décennies, dans le cadre d'une économie postfordiste où prédominent les emplois de service, et donc les relations avec un « public », ce travail émotionnel a été « capturé » par les entreprises et orienté vers des fi ns marchandes. Dans ce processus, ce sont en particulier les femmes, éduquées pour devenir des êtres sociaux émotionnels, qui sont en première ligne et en subissent de plein fouet les implications : lorsque les émotions sont dictées par l'entreprise, elles deviennent progressivement étrangères à l'individu et perturbent sa capacité à vivre en société.
    Plus que jamais d'actualité, cet ouvrage exceptionnel s'inscrit ainsi dans une double perspective critique : critique féministe du rôle émotionnel imposé aux femmes, aussi bien dans le cadre privé qu'au travail, d'une part, et critique des structures du capitalisme contemporain et de leurs effets délétères sur les individus, d'autre part.

    Traduit par Salomé Fournet-Fayas et Cécile Thomé.

  • De plus en plus, dans tous les secteurs de la société, au travail, dans les relations entre groupes sociaux ou entre traditions culturelles ou religieuses, entre les sexes ou les générations, dans les rapports à l'État et l'administration, ou même en famille, les individus se sentent mal ou guère reconnus. Ils aspirent à la « reconnaissance », nouveau maître mot. De même au plan collectif : durant les deux derniers siècles, les luttes sociales se sont massivement présentées comme des luttes pour la redistribution de la richesse ; elles apparaissent principalement aujourd'hui comme des luttes pour être reconnus. La thématique de la reconnaissance est ainsi devenue centrale en sociologie ou en philosophie politique, comme elle l'est dans la réalité même. Une société juste, pense-t-on maintenant souvent, est celle qui accorde à tous la reconnaissance sans laquelle nous ne saurions vivre. Mais pouvons-nous tous être reconnus, et reconnus à égalité dans nos singularités ? Qu'est-ce qui anime la demande de reconnaissance ? Et l'offre de reconnaissance, par les médias, les directions d'entreprise ou les appareils politiques, n'est-elle pas souvent illusoire et manipulatrice ? Qu'est-ce alors qu'une reconnaissance authentique ? Sur toutes ces questions brûlantes, cet ouvrage apporte le diagnostic et les réponses de sociologues connus (et reconnus) et soulève une question inédite : l'étude des luttes de reconnaissance n'est-elle pas l'objet par excellence non reconnu de la sociologie, celui qui fonde son identité disciplinaire oe

  • Quitter la dépendance infantile pour gagner une position plus autonome, tel est le chemin que l'adolescent doit parcourir pour devenir adulte. Mais s'il possède la vitalité pour y parvenir, il traverse aussi des moments de grande fragilité, faits de doutes et de questionnements identitaires qui ne vont pas sans risque de rupture. À l'adolescence, peuvent ainsi apparaître certains troubles, signes manifestes d'une souffrance qui ne parvient pas à se résoudre. Mais il n'est pas toujours facile de distinguer ce qui relève d'une souffrance « normale » de ce qui correspond à une pathologie.
    C'est l'un des buts de ce livre : décrypter au mieux les bouleversements de l'adolescence, savoir repérer certains signaux d'alerte pour lesquels il est préférable de consulter. Troubles du comportement, dépression, attitude suicidaire, anorexie, troubles de l'humeur ou schizophréniques... : même transitoires, ces affections bouleversent en profondeur la vie de l'adolescent et celle de sa famille. Il est dès lors nécessaire de savoir qui consulter et de comprendre les différentes prises en charge de l'adolescent et de ses proches.
    Édité en collaboration avec la Fondation de France et l'Unafam (Union nationale des amis et familles de malades psychiques), ce livre se veut une réponse aux nombreuses questions des parents concernés, pour les accompagner au mieux dans leur difficile cheminement.

  • Depuis les années 1970, le nombre de personnes souffrant de dépression a explosé : une véritable épidémie. Comment expliquer un tel phénomène ? La réponse de Philippe Pignarre en surprendra plus d'un : l'arrivée sur le marché de nouvelles familles d'antidépresseurs s'accompagne toujours d'une flambée des diagnostics. Les psychiatres, se détournant de la psychanalyse, ont opté pour la psychiatrie biologique : l'origine de la dépression serait à chercher dans les neurones.
    Cette hypothèse a mobilisé d'énormes moyens financiers, alors qu'aucun test biologique ne permet de diagnostiquer la dépression. Les industriels testent au hasard les substances et élargissent les définitions des différentes formes de dépression (toujours plus nombreuses) chaque fois qu'ils trouvent un médicament « efficace ». Chacun se voit offrir la possibilité de traduire son mal-être en termes de « dépression » : la cause déclenchante - deuil, problèmes familiaux, harcèlement moral...- serait secondaire. Aussi est-il devenu inutile de s'intéresser à l'histoire personnelle du patient. Les antidépresseurs sont là pour redonner l'énergie qui manque...
    L'auteur, qui a travaillé dans l'industrie pharmaceutique, montre qu'il ne faut surtout pas prendre pour argent comptant le discours officiel sur les médicaments.
    Ce livre, devenu classique depuis sa parution en 2001, est complétée ici par deux articles sur le débat entre partisans de la psychiatrie biologique et psychanalystes.

  • ça commence de manière insidieuse : gestes saccadés et approximatifs, lenteurs, lourdeurs, raideurs, douleurs diffuses, fatigue, insomnie.
    " j'étais devenue pataude. je luttais pour déplier le journal. je me souviens de ce jour de petite fête familiale. de la musique sympa. par réflexe on se lève, on se mêle à ceux qui se déhanchent et là, patatras: les chaussons de danse ont été remplacés par des pataugas et on danse de façon grotesque. si on avait moins de fierté, on pleurerait. " c'est à 53 ans qu'annick tournier apprend qu'elle est atteinte de la maladie de parkinson.
    Comme dans un mauvais rêve. et le premier sentiment est de honte. elle a tellement honte qu'elle ne peut se résoudre à le dire. chaque jour, la maladie s'impose un peu plus: les automatismes sont de moins en moins automatiques, les réflexes s'émoussent. cette maladie sournoise porte le nom de son découvreur, le médecin britannique james parkinson (1755-1824). on a appris beaucoup de choses sur les causes possibles de cette pathologie, mais on ne sait toujours pas la soigner.
    Annick tournier raconte avec beaucoup de sensibilité la vie quotidienne, les relations avec les médecins, le kinésithérapeute, le réapprentissage des actes de tous les jours qu'impose la progression inéluctable de la maladie. car, à défaut de guérir, il faut jouer la montre! comment ne pas perdre son identité quand on perd son autonomie? comment apprendre à cohabiter avec un double en cours de déstructuration?.

  • L'adolescence est une période particulièrement propice au changement, mais où existe également un risque de voir se figer des conduites négatives qui peuvent altérer ou empêcher le développement harmonieux du jeune, garçon ou fille. Le projet des auteurs réunis dans cet ouvrage est simple et ambitieux à la fois : dans une langue accessible et claire, ils souhaitent mettre à la disposition des parents et des éducateurs leurs savoirs et leur expérience auprès des adolescents.
    Les grandes lignes directrices de cette période de la vie sont ainsi tracées, afin de mieux comprendre l'adolescent, de l'aider à consolider ses acquis ou, le cas échéant, de lui donner de nouvelles chances de trouver une issue positive à ce qui a déjà mar-qué son enfance. On ne trouvera dans ce livre ni « recettes »éducatives ni propos d'experts détenteurs d'une vérité, mais confrontations d'expériences, rencontres et convergences de points de vue, pour dédramatiser la perception de l'adolescence et réaffirmer les ouvertures dont elle s'accompagne.
    Référence depuis plus de quinze ans auprès des étudiants, des parents et de tous les professionnels de la jeunesse, la nouvelle édition de cet ouvrage a fait l'objet d'une actualisation complète des données et de l'introduction de nouvelles problématiques (relations virtuelles, initiation sexuelle, etc.).

  • Pourquoi le risque occupe-t-il aujourd'hui une telle place dans notre société ? L'opinion publique est-elle irrationnelle ? Existe-t-il une 'culture du risque' ? Une gestion démocratique des risques technologiques est-elle possible ? Comment expliquer les 'conduites à risque' si souvent imputées aux adolescentes ? Ces conduites résultent-elles d'une incapacité à prendre conscience du risque encouru, ou au contraire d'une volonté délibérée de défier le danger ? C'est notamment à ces questions que répond ce livre rédigé par un jeune mais déjà reconnu sociologue du risque.

  • Le débat sur les salles d'injection exacerbe les tensions entre tenants de la « guerre à la drogue » et partisans de la « réduction des risques » (politique qui permet aux usagers de drogues de préserver leur santé même s'ils n'arrêtent pas les drogues). Il révèle la fracture entre des responsables politiques nationaux tentés par la démagogie, et des élus locaux, pragmatiques.
    Refusant les expériences en Espagne, Suisse, Allemagne ou Canada, et balayant les études scientifiques, le précédent gouvernement avait dit « non » aux salles d'injection. Malgré ce refus, des villes de droite comme de gauche - Bordeaux, Nancy, Strasbourg, Marseille ou Paris - ont préparé la mise en place de ces salles en attendant des jours meilleurs.
    Ce livre revient sur ces années où les usagers de drogues illicites ont été des boucs émissaires. Il est un cri d'espoir et un appel pour une politique des drogues plus humaine et plus efficace, fondée sur la régulation des usages.

  • Le don fait-il encore société ? Ou, du moins, contribue-t-il encore à certains de ses ressorts essentiels ? Est-il toujours actuel ? En apparence, non. Les sociétés anciennes se sont pensées dans le langage du don mais nous, modernes, parlons un tout autre idiome, celui de l'intérêt notamment. Peut-être nous arrive-t-il encore, dans l'intimité et dans nos relations personnelles, de donner, mais il semble bien illusoire, et surtout bien naïf, de considérer que le don serait toujours au coeur de nos sociétés contemporaines et qu'il contribuerait encore à nourrir liens, échanges et identités sociales. Faut-il alors, comme y invite la sociologie aujourd'hui, l'abandonner au folklore des anthropologues et aux spéculations des philosophes ?
    Conçu comme un manuel de sociologie anti-utilitariste résolument empirique et appliquée, ce livre vise, au contraire de ces évidences partagées, à rappeler, à l'épreuve des terrains les plus variés, que le système du don - le « donner-recevoir-rendre » de M. Mauss - n'est aujourd'hui ni mort, ni moribond mais bel et bien vivant pour qui sait voir. Plus encore, il suggère que le don constitue, aujourd'hui comme hier, le système même des relations sociales en tant qu'elles sont irréductibles aux relations d'intérêt économique ou de pouvoir, aussi prégnantes soient-elles. La sociologie a donc tout à gagner à porter sur les phénomènes sociaux un regard neuf, à chausser d'autres lunettes que celles qui se bornent, un peu paresseusement, à démasquer, toujours et partout, l'intérêt et le pouvoir. Les lunettes du don.
    Vus du don, les champs classiques de la sociologique prennent un tout autre relief. Qu'il s'agisse du monde du travail et des organisations, de la sociabilité, familiale, amicale, amoureuse, des questions de genre et d'identité, de la protection sociale et de la solidarité ; des associations ou de la philanthropie ; du champ de la médecine et de la santé ou encore de la religion, de l'art et de la science, chacune des contributions ici réunies, rédigées par des spécialistes reconnus dans ces différents domaines, démontre combien le paradigme du don ouvre la voie à une intelligence inédite des phénomènes sociaux. Invitant le sociologue à porter son regard sur ce qui circule entre les hommes (et pas uniquement sur ce qu'ils prennent et accumulent), il donne à voir cette délicate essence du social si chère à Marcel Mauss.

  • L'expression " santé publique " fait tellement partie de notre vocabulaire politique et même de notre sens commun que nous ne nous posons plus la question de savoir ce qu'elle veut dire. La quarantaine de chapitres que compte cet ouvrage collectif en balise le territoire pour nous permettre d'éclairer ce point. La première partie traite des disciplines contributives à la santé publique, de l'épidémiologie et la biomédecine aux sciences économiques et sociales. Une seconde partie étudie les grandes questions de la santé publique, les abordant par maladies, problèmes et âges, mais aussi par thématiques comme le travail et la sexualité, la précarité et la violence. Une troisième partie s'attache aux politiques de santé publique, ainsi qu'aux acteurs qui les portent, dans les domaines de la sécurité et de la veille sanitaires, de la prévention, de la protection sociale ou de l'enseignement et de la recherche, mais aussi à travers un jeu d'échelles, du local à l'international en passant par le niveau européen. Une quatrième partie, enfin, analyse les principaux enjeux qui traversent aujourd'hui la santé publique, les tensions qu'ils suscitent et les perspectives qu'ils ouvrent. Le choix des directeurs de l'ouvrage et des auteurs est de s'intéresser d'abord à la santé publique en France, même si s'affirme de plusenpluslanotionde " santé globale ", pour rendre compte notamment des menaces épidémiques qui s'affranchissent des frontières aussi aisément que les firmes pharmaceutiques, ou de la circulation transnationale des professionnels pris dans la fuite des cerveaux et des malades pratiquant le tourisme médical. Nombre de facteurs, tant épidémiologiques ou sociologiques qu'institutionnels et politiques, sont en effet très spécifiques au contexte de chaque pays. Une somme indispensable aux professionnels de la santé, comme à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre un secteur en pleine évolution.

  • La contrepartie des progrès de la médecine est que souvent la mort ne vient plus toute seule. Dans bien des cas, il faut désormais décider qu'elle survienne et faire quelque chose si l'on veut qu'effectivement elle arrive. Si la médecine a changé nos vies, elle a donc également transformé nos morts. Tout comme elle participe à brouiller chaque jour un peu plus les frontières entre ce qui est encore une vie et ce qui peut-être n'en est plus tout à fait une. Si bien que, parfois, les patients - ou leurs familles pour eux - en viennent à réclamer la mort, lorsque celle-ci se fait vraiment trop attendre. C'est alors que des conflits peuvent naître entre ceux qui supplient pour que l'on aide à ce que cette fin puisse enfin advenir, et ceux qui à l'inverse ne veulent surtout pas aller dans cette voie.
    C'est dans cet espace que s'inscrit le travail du Centre d'éthique clinique de l'hôpital Cochin, que dirige Véronique Fournier. Dans ce livre, elle raconte quelques-unes des histoires qu'elle a accompagnées depuis dix ans : comment s'expriment ces demandes, qui les porte, comment y réagissent les équipes soignantes, et quels débats elles suscitent au sein du groupe citoyen d'éthique clinique qui travaille à ses côtés.
    Peu à peu, ces histoires ont fait évoluer sa position sur cette difficile question : faut-il et jusqu'où peut-on aider à mourir ? C'est cette évolution qu'elle relate ici, de ses réticences premières à sa conviction de plus en plus nette que les médecins ne peuvent pas refuser d'aider à mourir ceux qui sont à l'extrémité des possibilités de la médecine et qui n'en peuvent plus. En espérant qu'expliquer pas à pas le chemin parcouru pourra, peut-être, aider d'autres à s'y risquer à leur tour.

  • Le cancer reste aujourd'hui encore une maladie grave, souvent mortelle. Pour les malades, l'espoir repose sur des stratégies médicales diversifiées et des relations singulières nouées avec les soignants et avec les proches. Si la vie personnelle des patients se réorganise à l'annonce de la maladie, les rapports entre soignés et soignants sont bouleversés par les innovations biomédicales et les changements dans l'organisation du travail des praticiens.
    Dans ses pratiques quotidiennes, la cancérologie porte à l'extrême une tension centrale de la biomédecine contemporaine, entre l'évolution vers une prise en charge sanitaire qui se veut de plus en plus « personnalisée » et les exigences propres à la médecine scientifique, « fondée sur des preuves », notamment en termes de standardisation des procédures.
    Au-delà des discours convenus, d'allure scientiste et souvent enchantée, cet ouvrage collectif se propose d'étudier les conditions économiques, éthiques, psychologiques, politiques et institutionnelles des innovations biomédicales et les effets sociaux de leur diffusion. Il montre ainsi comment ces changements dessinent de nouvelles expériences de la maladie chez les patients et leurs proches.

  • La télémédecine consiste en la mise en place et en l'utilisation, dans divers contextes de soins, de dispositifs techniques incluant les TIC et permettant à des professionnels de santé de communiquer et de réaliser des actes médicaux en étant situés géographiquement à distance des patients. En France, depuis le décret du 19 octobre 2010 faisant suite à la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé et Territoires) de 2009, la télémédecine a la particularité d'être codifiée juridiquement et de renvoyer à des catégories relativement précises qui font désormais référence pour les praticiens, les acteurs institutionnels et les entreprises de technologie : téléconsultation, téléexpertise, télésurveillance médicale, téléassistance médicale, réponse apportée dans le cadre de la régulation médicale (SAMU). Souvent présentée comme un remède aux déserts médicaux et une solution visant à rationaliser les parcours de soins, la télémédecine éprouve toutefois bien des difficultés à se développer, car elle s'accompagne d'importantes transformations sur le plan des pratiques professionnelles, des modes de coopération, ainsi que de l'organisation des soins et des services.
    Les projets de télémédecine ont des incidences sur l'organisation des soins, les activités professionnelles, l'utilisation des objets techniques, la relation médecin/patient, les interactions entre les médecins et avec les autres soignants. En retour, les dispositifs de télémédecine peuvent être transformés dans les environnements sociotechniques et organisationnels où ils sont expérimentés. Ces projets s'inscrivent dans des temporalités souvent en décalage avec celles des apprentissages professionnels nécessaires au bon fonctionnement des dispositifs concernés. Ils font aussi émerger des problèmes d'organisation, de coordination et de délégation. Quelles similitudes peut-on relever dans le déploiement de ces technologies, dans les pratiques émergentes ou les formes d'organisation qu'elles suscitent ? Quelles sont les modalités d'adoption et les obstacles communs rencontrés ?
    L'objectif de ce numéro spécial est de mettre en évidence les configurations sociotechniques propres à la télémédecine dans son ensemble. Le dossier proposé vise à dresser un état des lieux de l'implantation, des organisations, des innovations techniques et des pratiques professionnelles émergentes en matière de télémédecine, en particulier dans le contexte français, mais aussi à l'étranger. De manière conjointe, il ambitionne de réaliser un panorama des connaissances académiques en sciences sociales qui rendent compte de l'ensemble de ces aspects.

  • Radiations, infections nosocomiales, périnatalité, canicule, antennes relais de téléphonie mobile, sécurité routière, amiante, chikungunya, éthers de glycol, toxicomanie, bruit, démographie médicale, tremblante du mouton...
    Alors que la France a connu ces dernières années d'importantes crises sanitaires, nombre de phénomènes tendent à être considérés comme des problèmes de santé publique. Or ni cette qualification ni la mise en oeuvre d'une action publique correspondante ne vont de soi. En témoignent les différences de traitement de situations qui sont rendues publiques ou font l'objet d'alertes plus ou moins confidentielles.
    Les processus par lesquels une situation devient ou non un problème de santé publique et fait ou non l'objet d'une intervention sont abordés de front dans cet ouvrage. La question des " luttes définitionnelles ", des acteurs et processus qui construisent et portent ces définitions en constitue le fil conducteur. L'un des apports des contributions rassemblées, qui mobilisent différentes approches des sciences sociales, est de prêter la même attention aux contours publics, voire médiatiques, d'un problème qu'à ses caractéristiques clans des arènes plus discrètes lorsqu'il est traité entre spécialistes du domaine.
    Une attention particulière est aussi accordée à la dynamique de ces processus de définition sur un temps long. Les auteurs montrent également que les luttes ou négociations autour de la définition d'un problème sont aussi des conflits de pouvoir ente différents acteurs ou groupes d'acteurs. Une réflexion qui permet une meilleure compréhension des conditions d'émergence et de reconnaissance des problèmes publics et de l'engagement de l'action publique.

  • La douleur relève-t-elle du normal ou du pathologique ? Est-elle une sensation ou une émotion ? Elle demeure pour l'homme une énigme. Il la ressent comme incompréhensible ou incommunicable, irréductiblement singulière. Pourtant, cette expérience partagée par tous revêt aussi une dimension sociale et culturelle. Mal absolu à fuir à tout prix pour la plupart, signal d'alarme utile pour certains, source de valeur morale et de connaissance de soi pour d'autres, la douleur a fait l'objet, au cours des siècles, d'approches multiples et contradictoires.
    C'est l'évolution des savoirs et des pratiques en Occident que Roselyne Rey retrace dans ce livre original. De l'Antiquité grecque au XXe siècle, elle confronte pour chaque période les représentations culturelles de la douleur, les théories médicales élaborées pour en élucider les mécanismes et les thérapeutiques mises en oeuvre pour soulager le patient. Cette mise en perspective, d'une grande précision historique et d'une remarquable érudition, fait ressortir l'extraordinaire transformation du rapport des hommes à la douleur, les progrès accomplis dans sa compréhension et, de manière inégale dans son traitement. Par son approche pluridisciplinaire, cette histoire de la douleur s'adresse autant aux historiens et au médecins qu'au grand public cultivé.

  • Depuis des décennies, les pouvoirs publics français s'efforcent de " réformer " l'hôpital, affine notamment d'en mieux " maîtriser " les dépenses. Ils ont de plusenplusrecoursaux outils du " nouveau management public ", cet ensemble d'idées et de pratiques d'origine entrepreneuriale visant à importer dans le secteur public les outils du secteur privé : indicateurs de " performance ", benchmarking, " responsabilisation " des professionnels, etc. Ces innovations suscitent de fortes oppositions de la part d'une partie du personnel hospitalier, qui considère qu'elles creusent la tombe de notre système de protection sociale. A l'inverse, leurs promoteurs vitupèrent des résistances qu'ils qualifient d'irrationnelles. En quoi consistent ces réformes managériales, et quels sont leurs effets sociaux ? Pendant quatre ans, l'auteur de ce livre a mené une enquête approfondie dans des services de soin, en particulier des services d'urgence, mais aussi dans une agence réformatrice proche du ministère de la Santé et dans des cabinets de conseil. Il a ainsi endossé différents rôles : dans les services administratifs des hôpitaux celui du stagiaire, et auprès des réformateurs celui de l'étudiant en gestion ou du consultant junior... Au travers d'observations directes, de l'exploitation inédite de données statistiques et d'une centaine d'entretiens (auprès du personnel hospitalier, des patients, des consultants...), il livre ici des visions de l'hôpital différentes et souvent antagonistes du point de vue des luttes qui s'y déroulent. L'appropriation par les soignants des nouvelles normes préconisées par les réformateurs ne va en effet pas de soi et dépend beaucoup de la trajectoire professionnelle et sociale de chacun d'entre eux. Enfin, ce livre révèle quelques effets inattendus des réformes, dans un des services hospitaliers étudiés parmi les plus " avancés " sur leur voie.


  • l'adolescence est une période particulièrement propice au changement, mais oú existe également un risque de voir se figer des conduites négatives qui peuvent altérer ou empêcher le développement harmonieux du jeune, garçon ou fille.
    le projet des auteurs réunis dans cet ouvrage est simple et ambitieux à la fois : dans une langue accessible et claire, ils souhaitent mettre à la disposition des parents et des éducateurs leurs savoirs et leur
    expérience auprès des adolescents. les grandes lignes directrices de cette période de la vie sont
    ainsi tracées, afin de mieux comprendre l'adolescent, de l'aider à consolider ses acquis ou, le cas échéant, de lui donner de nouvelles chances de trouver une issue positive à ce qui a déjà marqué son enfance.
    on ne trouvera dans ce livre ni " recettes " éducatives
    ni propos d'experts détenteurs d'une vérité, mais
    confrontations d'expériences, rencontres et convergences de points de vue, pour dédramatiser la perception de l'adolescence et réaffirmer les ouvertures dont elle s'accompagne. cette nouvelle édition actualisée fait notamment état des plus récentes données de l'inserm.

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