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  • En l'espace de quelques années, le numérique, qui s'était déjà massivement développé dans pratiquement tous les domaines, a investi le champ de la santé mentale, et de nombreuses applications dédiées sont désormais disponibles, tant pour le patient que pour le psychiatre.

    Comment allons-nous pouvoir nous "réinventer" dans l'univers massivement connecté, potentiellement complètement transparent, que rendent prévisibles ces nouvelles technologies et leur développement probable dans le champ de la santé mentale ? Quelles sont les régulations nécessaires, et celles qui sont possibles ? Comment accompagner ces évolutions ?

    C'est une analyse approfondie et sans concessions de toutes ces questions qu'entreprend cet ouvrage, solidement ancré dans les travaux les plus actuels de la psychiatrie et des neurosciences, des sciences sociales, de l'épistémologie, de la philosophie de l'esprit, et des sciences de l'information et de la communication.

    Destiné aux professionnels de la santé mentale et de la santé publique, de la e-santé, aux décideurs politiques concernés à tous niveaux de la chaîne de décision et d'organisation, il intéressera également les citoyens concernés par l'avenir des dispositifs d'intervention en santé mentale, et par les évolutions sociétales liées aux usages du numérique en santé.

  • La psychanalyse est née de la pratique d'une médecine à visée mentale, à l'époque où n'existaient ni médicaments ni imagerie cérébrale fonctionnelle.

    Comment, un siècle plus tard, est-il possible d'articuler les différents savoirs acquis sur le fonctionnement de l'esprit et du cerveau ? Comment relier ces deux objets d'études irréductibles qui doivent pourtant bien avoir quelque chose en commun: esprit et cerveau, psyché et soma ? Comment bâtir un modèle intégré des opérations de pensée compatible avec l'état actuel des connaissances et de la science ? Comment tisser des liens entre psychiatrie clinique, neurophysiologie et psychanalyse afin de mieux comprendre sa propre pratique médicale ?

    Cet ouvrage propose des allers-retours entre logiques scientifique, médicale, et logique psychanalytique.

    /> L'ensemble des textes tend à démontrer la pertinence, mais également les enjeux, à promouvoir aujourd'hui une telle interdisciplinarité dans l'exploration des opérations de la pensée, du cerveau et de l'esprit.

    Cette interdisciplinarité se situe aux confluents de la psychanalyse, de la psychiatrie pharmacologique, de la philosophie du langage ordinaire et des neurosciences.

  • Une contribution majeure aux débats actuels sur les personnes en situation de vulnérabilité Les sociétés démocratiques reposent sur une présomption légale d'égale capacité de tous les citoyens à décider et à agir pour eux-mêmes dans leur vie civile. Dans de nombreuses situations de vulnérabilité (avancée en âge, maladie, handicap, etc.), cet idéal d'égale autonomie est fragilisé, la capacité des personnes à agir dans leur intérêt est contestée ; des proches ou des professionnels sont alors conduits à intervenir pour la personne, parfois à sa place, avec ou contre son gré.
    Ce souci de protection des personnes au nom de leur intérêt constitue le paradigme classique des régulations des relations de soin et d''accompagnement. Avec la Convention relative aux droits des personnes handicapées adoptée en 2006 par l'Assemblée générale des Nations unies, ce paradigme est remis en question. De nombreux interprètes considèrent en effet que l'article 12 affirme une " capacité juridique universelle " dont le respect devrait impliquer l'abolition de tout système légale de prise de décision substitutive.
    Cette interprétation fait l'objet d'une controverse particulièrement vive depuis 10 ans parmi les spécialistes. Cet ouvrage vise à faire connaître et faire vivre cette controverse en éclairant les différents enjeux normatifs, politiques, professionnels, ou encore techniques qu'elle soulève : comment définir les capacités des êtres humains, présumés par les droits civils et politiques ? Comment mettre en uvre des dispositions permettant de faire respecter cette capacité civile et politique universelle ? Comment apprécier le besoin d'accompagnement nécessaire à leur respect.
    ? Comment les professionnels font-ils aujourd'hui pour résoudre des questions ? Finalement, comment mieux concilier socialement et relationellement le maintien de l'autonomie et la protection des personnes vulnérables ? Ouvert aux spécialistes mais aussi à l'expérience et à l'expertise des professionnels et des personnes directement concernées, cet ouvrage est une contribution majeure aux débats relatifs à une meilleure prise en considération des personnes en situation de handicap, au respect de leurs droits, et à leur participation effective dans la société.

  • Que ce soit le patient lui-même, son entourage, familial ou amical, les associations de familles, d'usagers, d'aide aux personnes en souffrance, et parfois même les pouvoirs publics, de nombreux acteurs viennent "interférer" dans la relation entre le psychiatre et son patient. Dès lors, comment se passe la prise en charge d'une personne malade sachant qu'elle implique plus que cette personne elle-même ?
    Le "profane", celui qui s'oppose à l'"expert" (celui qui sait, dont l'expérience et le savoir scientifique et médical justifie l'autorité), était perçu, il y a encore quelques années, comme une sorte d'empêcheur de tourner en rond, une "pièce rapportée" un peu encombrante qui venait perturber la "bonne marche de la médecine". Mais cet autre qui vient s'immiscer dans la relation du soignant au soigné apporte aussi avec lui son expérience, sa sagesse, parfois ses interrogations, et cette nouvelle lumière peut aussi éclairer l'expert dans sa prise en charge.
    Ainsi, cet ouvrage propose de sortir d'une pensée normée et de prendre en compte la parole de l'autre, quel que soit cet autre, dans le soin psychique.

  • Le soin psychiatrique est le seul (ou presque) pour lequel une procédure d´intervention sans le consentement est prévue.
    En effet, la nature même de certains troubles psychiques peut altérer la capacité à consentir, et dans ce cas, le cadre légal de la contrainte permet d´assurer des soins « sans consentement ».
    Un débat complexe abordé à travers 3 axes complémentaires :
    - Le cheminement historique, le cadre juridique, de la loi de 1838, à celle de 1990 jusqu´à la réforme de 2011-2013 pour comprendre la mise en place, l´évolution et les différentes options des soins sans consentement.
    - Les exemples d´application de la loi dans certains cas particuliers : soins en milieu carcéral, prise en charge de personnes démentes, auteurs d´agressions sexuelles...
    - Le panorama des soins sous contraintes pratiqués dans d´autres pays européens.

  • La psychiatrie contemporaine s'est construite, depuis plus de cinquante ans, sur une base résolument anti-asilaire. Avec un bel enthousiasme réformateur, elle a multiplié des innovations de soins communautaires qui ont transformé les trajectoires des malades mentaux.



    Mais les rêves des années 1950, devenus en grande partie réalité, nous mettent en présence de nouveaux défis : dans notre paysage psychiatrique polymorphe d'aujourd'hui, les patients psychotiques ne manquent pas de nous rappeler que les particularités de leur condition humaine révèlent un besoin fondamental d'asile, dont l'oubli ne conduit pas toujours à la conquête de l'« autonomie », mais aussi à la solitude d'un univers sans objets, voire à la rue - ou à la prison.

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    Si le retour à l'asile traditionnel n'est souhaité par personne, les formes que peut prendre cet accueil, temporaire ou plus durable, sont loin d'être valables pour tout patient et en toute circonstance : nous devons à la psychiatrie anti-asilaire de l'après-guerre cette découverte de la diversité des patients psychotiques, derrière leur apparente similitude asilaire.

  • Catastrophes, accidents, drames. Les médias annoncent : « Les victimes sont sous le choc ; des PSY ont été réquisitionnés pour les assister »



    Qui sont ces PSY ? D'où viennent-ils ? De quelle expérience se prévalent-ils ? Comment procèdent-ils et comment réfléchissent-ils à leurs pratiques ?

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    Autant de questions sur lesquelles des hommes et des femmes ont accepté de témoigner. Ils ou elles sont psychologues, médecins, psychiatres. Ils ont été conduits à intervenir en situation exceptionnelle, hors de leurs murs. Ils sont partis dans des conditions improvisées dictées par les circonstances. Ils ont fait face à des situations aussi diverses qu'inattendues, parfois dans des conditions périlleuses pour eux-mêmes, souvent en ayant à expliquer et justifier leur travail en même temps que l'urgence leur commandait de le faire.
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    L'originalité des témoignages réunis dans cet ouvrage est l'inscription de ces différentes actions dans le même tissu institutionnel accompagné d'un échange entre chaque acteur, ce qui donne à leur travail une mise en perspective qui articule et en évalue chaque temps ; c'était l'esprit d'une première réunion des acteurs militaires du soutien psychologique qui s'est tenue à Toulon en 2008.
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    Ces témoignages portent aussi un éclairage singulier sur ce temps où se noue, pour les victimes, leurs familles, les sauveteurs et les PSY, ce moment crucial où l'un va à la rencontre de l'autre avec en point de mire l'intense humanité qui s'en éprouve.

  • L'expérimentation des médiateurs de santé - pairs s'inscrit dans un mouvement plus général d'émancipation des patients, à qui on reconnaît le droit à l'autonomie et à un statut respectable.

    Ce procédé, piloté par le Centre collaborateur de l'OMS à Lille, permet à un ancien usager de la psychiatrie, considéré comme rétabli, de pouvoir devenir à son tour un "soignant" par le biais de son expérience personnelle et d'une formation universitaire, en se basant sur des expérimentations similaires, outre-Atlantique, notamment au Québec, et outre-Manche.

    Toutefois, des résistances, voire des oppositions, ont été et sont toujours relativement nombreuses : reconnaissance du médiateur comme un professionnel et non plus comme un usager, crainte de la part des personnels soignants concernant cette nouvelle pratique en santé mentale, critiques quant au choix du finance-ment d'une telle expérimentation dans un contexte de restrictions budgétaires dans le secteur hospitalier.

    Et pourtant, cette expérience menée dans trois régions françaises a aussi apporté bon nombre de points positifs. Le retour à l'emploi permet au médiateur de santé - pair de retrouver une existence sociale et un statut professionnel, ses compétences ainsi que ses savoir-faire et savoir-être sont reconnus ; grâce à son vécu des troubles psychiques, mais aussi celui d'un parcours de rétablissement, il apporte une aide réelle et concrète aux usagers des services de soin en santé mentale.

    Cet ouvrage permet de faire le point sur ce dispositif, en toute transparence, permettant à chacun de se faire sa propre opinion sur ce concept révolutionnaire.

  • "La vieillesse est un naufrage" disait Charles de Gaulle. Est-ce vrai ? Comment devient-on vieux en France de nos jours ? Qui sont les vieux aujourd'hui ?

    Vivre le plus longtemps possible en disposant de ses capacités intellectuelles, et de l'essentiel de ses capacités physiques, est un objectif essentiel et qui doit être au coeur des préoccupations de santé publique, mais est-ce encore vivre quand la conscience d'être soi a disparue ?

    Sous la direction du Dr Cécile Hanon, psychiatre et directrice de la collection "Polémiques", cet ouvrage collectif met en relief des questions soulevées par la psychiatrie auprès des personnes âgées. Les auteurs abordent les thèmes du soin, de l'isolement, de l'opposition et du refus, de la sexualité, du narcissisme, du respect, de la démence, du suicide ou encore de la mort.

  • L'enfant, dans les sociétés occidentales, est au centre de toutes les attentions, on le choie, on le on le gâte, on le comble. Les désirs d'enfants sont tels que prolifèrent, outre l'adoption, des pratiques de PMA. La notion de bientraitance est très présente, particulièrement dans les institutions relatives à l'enfance, les institutions soignantes ou tournées vers les personnes âgées ou en situation de handicap.
    Mais lorsque l'on parle de bientraitance, on soulève inévitablement la question de la maltraitance. Ainsi ces enfants placés et trimballés d'une institution à l'autre, d'autres vivant dans des hôtels sociaux gardés par des éducateurs qui se relayent 24 h/24, d'autres encore enfermés et punis dans des chambres de foyers ou d'internats pour avoir été violents, d'autres aussi se faisant traiter de « nuls » devant les camarades par un professeur, et d'autres encore enjeux de guerres incessantes entre des parents divorcés, etc.
    La liste des maltraitances à l'égard de enfants est longue. Comment comprendre ce hiatus entre les faits et les intentions et actions ? Qu'est-ce qui y participe ? Comme si l'adage « le mieux est l'ennemi du bien » se vérifiait, certaines situations de maltraitance découlent d'un réel désir de bientraitance qui en « aurait fait trop ». Nos modèles culturels, sociaux, économiques, doivent être questionnés pour répondre à cette épineuse question : sommes-nous bientraitants à l'égard de nos enfants ? Pour cet ouvrage collectif, ont ainsi été conviés des spécialistes venant d'horizons divers (écrivain, cliniciens, travailleurs sociaux dans le champ de la protection de l'enfance, juge pour enfants, économiste, spécialiste de l'environnement, etc.) qui donnent des pistes de réflexion et proposent des issues à la question posée.

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